Le dimensionnement tertiaire diffère du résidentiel sur un point structurant : la puissance maximale appelée n'est presque jamais la somme des besoins. Elle résulte d'un coefficient de simultanéité qui traduit le fait que tous les usages ne culminent pas au même instant. Additionner les besoins sans appliquer ce coefficient conduit à installer une machine surdimensionnée, qui fonctionnera en cycles courts et coûtera plus cher à l'exploitation qu'une machine juste calibrée.
Le besoin simultané se mesure, il ne se calcule pas seul
Un bâtiment existant dispose d'un historique : courbes de charge du distributeur, relevés de comptage, factures détaillées. Cet historique vaut mieux que n'importe quelle note de calcul théorique, parce qu'il intègre les usages réels, les dérives de réglage et les périodes d'inoccupation. Le premier livrable d'une étude sérieuse est la reconstitution de la courbe de charge horaire, pas une puissance en kilowatts.
Le talon d'eau chaude sanitaire, oublié puis découvert
En hôtellerie, en restauration collective et en établissement sportif, le besoin d'eau chaude sanitaire est concentré sur des créneaux courts et intenses. La réponse pertinente n'est pas la puissance instantanée mais le volume de stockage associé à une puissance modeste : stocker permet de produire lentement, à bon rendement, en dehors des pointes. Un dimensionnement en puissance pure aboutit à une machine trois fois trop grosse qui ne fonctionne qu'une heure par jour.
Le régime de température commande tout le reste
Les ventilo-convecteurs et les planchers acceptent des régimes bas, favorables au rendement saisonnier ; les radiateurs anciens des bâtiments publics des années 1960 imposent des températures de départ élevées qui dégradent ce rendement. Avant de choisir une machine, la question est de savoir jusqu'où le régime peut être abaissé, et à quel prix — remplacement de quelques émetteurs sous-dimensionnés, rééquilibrage, désembouage. C'est souvent l'investissement le plus rentable du programme.
Réversibilité : un besoin réel, pas un argument
Un plateau de bureaux dense produit un besoin de rafraîchissement dès la mi-saison, du fait des apports internes. Une PAC réversible traite les deux besoins avec un seul générateur, à condition que la distribution le permette et que la production simultanée de chaud et de froid par zone ait été anticipée. Dans un bâtiment d'enseignement fermé l'été, la réversibilité est en revanche un surcoût rarement justifié.